LES PRINCIPES de la THERAPIE EMDR?
L’EMDR à été reconnue officiellement comme une méthode de traitement efficace à la fois en France par
le rapport de la commission INSERM sur les psychothérapies, et, plus récemment encore aux Etats-Unis par un rapport de la très prestigieuse American Association of Psychiatry dont l’influence
s’étend au monde entier.
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Quand des expériences inquiétantes se produisent, elles sont stockées dans le
cerveau avec toutes les images, bruits, pensées et sentiments qui l’accompagnent au moment de l’événement.
Quand une personne a été traumatisée, le cerveau semble ne pas pouvoir traiter l’expérience comme il devrait le faire normalement. Par conséquent, les pensées et les sentiments négatifs de l’événement traumatique sont « emprisonnés » dans le système nerveux. Puisque le cerveau ne peut pas traiter ces émotions, l’expérience et/ou les sentiments qui l’accompagnent sont souvent supprimés de la conscience. Cependant, la détresse continue de se manifester dans le système nerveux où elle cause des perturbations dans le fonctionnement émotif de la personne.
La technique de thérapie EMDR fait deux choses très importantes. D’abord, elle « débloque » les mémoires et les émotions négatives stockées
dans le système nerveux, puis, elle aide le cerveau à re-traiter l’expérience (au sens informatique de traitement de l’information) pour qu’elle soit « digérée
».
Le praticien travaille doucement avec le patient, le guidant progressivement pour rendre à nouveau visite à l’incident traumatique. Quand le
souvenir est évoqué, les patients refont alors l’expérience des sensations et des émotions d’une nouvelle façon.
La thérapie EMDR permet d’acquérir la compréhension de soi et la perspective qui permettront au patient de choisir ses actions, plutôt que
de se sentir impuissant face à leurs réactions. Ce processus peut être complexe s’il y a beaucoup d’expériences reliées aux émotions négatives.
Les séances de thérapie EMDR continuent jusqu’à ce que les souvenirs et les émotions traumatiques aient disparu.
Il y a beaucoup d’informations anecdotiques suggérant que la thérapie EMDR est efficace dans le traitement des phobies. Malheureusement, les
études qui ont suivi le traitement EMDR sur les phobies, les crises de panique, et l’agoraphobie ne sont pas concluantes.
Bien que ces résultats soient dus en partie à des limitations méthodologiques dans les diverses études, il est également possible que la
thérapie EMDR puisse ne pas être uniformément efficace avec ces pathologies. De Jongh, Ten Broeke, and Renssen (1999) suggèrent que la thérapie EMDR est un traitement
efficace surtout pour des souvenirs traumatiques et des pathologies qui leur sont reliés.
Il se peut que la thérapie EMDR soit plus efficace dans le traitement des troubles lié au stress qui suit une expérience traumatique (par exemple, phobie des chiens après une morsure de chien), et moins efficace pour ceux dont le point de départ est inconnu (par exemple, phobie des serpents depuis la naissance).
L’utilité clinique est une considération importante dans le choix du traitement. L’utilisation de l’exposition in vivo peut être impossible
pour les praticiens qui n’ont pas accès facilement aux objets craints dans leur bureau (par exemple, les araignées) ; ou dans le cas des phobies limitées à des événements
spécifiques (par exemple, les orages) ou à des endroits particuliers (par exemple, les ponts).
La thérapie EMDR peut alors être un traitement plus pratique que l’exposition in vivo, et l’aspect in vivo peut souvent être ajouté comme
travail complémentaire (De Jongh et al., 1999).
Trois études ont étudié le traitement de la thérapie EMDR avec et sans agoraphobie. Les deux premières études étaient préliminaires (Feske
et Goldstein, 1997 ; Goldstein et Feske, 1994) et prévoyaient un traitement court (six séances) pour les crises de panique. Les résultats étaient prometteurs, mais limités
par la courte durée du traitement. Feske et Goldstein écrivent : « même 10 à 16 séances des traitements les plus puissants ont rarement comme conséquence une normalisation
des symptômes de panique, particulièrement quand ceux-ci sont compliqués par l’agoraphobie » (p. 1034). Les effets de la thérapie EMDR ont été généralement maintenus après
plusieurs semaines de suivi sans traitement supplémentaire.
Une troisième étude (Goldstein et autres, 2000) a été entreprise pour évaluer les avantages d’un plus long traitement. Cette étude portait sur une population cible différente et traitait des patients agoraphobiques. Les participants souffrant de crises de panique et d’agoraphobie n’ont pas bien répondu à la thérapie EMDR. Goldstein (cité dans Shapiro, 2001) suggère que ces participants avaient besoin d’une phase de préparation plus importante, que celle qui a été fournie dans l’étude, pour développer une tolérance au stress. Les auteurs suggèrent que la thérapie EMDR puisse ne pas être aussi efficace que la thérapie cognitive-comportementale dans le traitement des crises de panique avec ou sans agoraphobie ; cependant aucune étude directe comparant les deux traitements n’a été entreprise pour l’instant.
Q : L’EMDR est-il compatible avec l’épilepsie ?
On ne connaît aucun cas de crise d’épilepsie induite par une séance d’EMDR. L’EMDR ne soigne pas l’épilepsie, mais ne l’aggrave certainement
pas non plus.
Autrement dit, l’épilepsie n’est pas une contrindication, mais l’EMDR ne soigne pas les vraies épilepsies.
Q : L’EMDR pour les aveugles ?
Il est possible de faire de l’EMDR avec d’autres formes de stimulation que les mouvements oculaires. On utilise par exemples fréquemment des sons qui alternent d’une oreille à l’autre, ou des tapotements alternatifs sur les mains. Pour certaines personnes, ceux-ci marchent parfois mieux que les mouvements oculaires. A fortiori pour les aveugles aussi !
Q : EMDR et psychotiques ?
l’EMDR ne guérit pas les psychoses mais soigne les "à côté" (ex : hospitalisations
traumatisantes).
Q : L'EMDR soigne-t-il tous les
problèmes psy ? La schizophrénie ? Les démences ?
L'EMDR est indiqué principalement pour la résolution de symptômes liés à un ou plusieurs évènements traumatiques. Certaines phobies ou pertes de l'estime de soi sont liées à un ou des événements traumatiques.
Les symptômes peuvent alors très bien répondre à la thérapie EMDR. Par exemple, Brown, McGoldrick et Buchanan (1997) ont observé des rémissions réussies dans cinq de sept cas consécutifs de personnes ayant une image très anormale de leur corps (se considérant comme obèse, nez trop gros...) après une à trois séances d'EMDR traitant des souvenirs traumatiques reliés au problème.
De même il y a eu des rapports d'élimination de douleur fantôme des membres après le traitement EMDR du souvenir étiologique et des sensations de douleur (Vanderlaan, 2000; Wilensky, 2000; S. A. Wilson, Tinker, Becker, Hofmann, & Cole, 2000).
L'EMDR ne permet pas de traiter la schizophrénie, ni les démences. Par contre, chez un
patient stabilisé par un traitement psychiatrique approprié, l'EMDR peut parfois aider comme traitement d'appoint, pour soulager une partie des symptômes qui seraient liés
à un traumatisme émotionnel, ou pour réduire la fréquence des rechutes liées au stress.
Il existe aussi plusieurs études suggérant que l'EMDR peut être utile avec des troubles dissociatifs (e.g, Fine & Berkowitz, 2001 ; Lazrove & Fine, 1996 ; Paulsen, 1995), l'anxiété de performance (Foster & Lendl, 1996 ; Maxfield & Melnyk, 2000); la douleur physique excessive (Grant et Threlfo, 2002) ; et les troubles de la personnalité (par exemple, Korn et Leeds, 2002 ; Manfield, 1998). Ces résultats sont préliminaires et davantage de recherche est nécessaire avant que toutes les conclusions puissent être tirées.
Il existe de nombreux facteurs permettant de voir si la thérapie EMDR peut être utile dans la situation particulière et l’histoire d’un patient. Pendant votre consultation initiale avec un praticien EMDR, tous ces facteurs appropriés devraient être évoqués de manière approfondie afin que vous décidiez ensemble d’utiliser ou non l’EMDR.
En général cependant, vous êtes un excellent candidat pour la technique d’EMDR si vous avez... des angoisses, des peurs fortes et inexplicables, subi des abus sexuels, été la victime ou le témoin d’un crime ou d’un grave accident, survécu à une catastrophe naturelle, vécu un événement traumatisant, des difficultés pour faire confiance aux autres, peur de resterseul(e), fréquemment le sentiment d’être coupable, des crises de colère irrationnelles, une mauvaise image de vous-même...
Bien sûr, la thérapie EMDR peut être utilisée avec l’enfant, et ceci dés son plus jeune âge (deux ou trois ans). Elle s’adapte alors à ses besoins et son niveau de fonctionnement. La collaboration du ou des parents est essentielle. Il en est de même pour l’adolescent. Comme pour l’adulte, le nombre de séances peut varier de quelques unes à une ou plusieurs dizaines en fonction de la difficulté présentée.
De la même façon que la thérapie EMDR aide le cerveau dans son traitement naturel de l’information émotionnelle, le praticien EMDR aide le
patient dans son processus de guérison en devenant son partenaire pour un voyage destiné à éliminer le traumatisme passé, bloqué dans son système
nerveux.
Au début d’une séance ordinaire de thérapie EMDR, le praticien aide le patient à repérer exactement le problème ou l’événement qui sera la
cible du traitement. Pendant que les pensées et les sentiments remontent à la surface, le praticien et le patient travaillent ensemble pour stimuler les mouvements des
yeux qui accompagnent l’expérience brièvement rappelée. Pendant que les mouvements des yeux sont stimulés, les émotions sont libérées.
Les séries successives et assez brèves de mouvements des yeux (30 secondes à quelques minutes) continuent jusqu’à ce que les émotions soient
neutralisées et que l’événement passé devienne associé par le patient à des pensées et des sentiments positifs sur lui-même, comme « Je réalise maintenant que ce n’était
pas ma faute.
Cela dépend de la complexité de l’histoire du patient, de sa capacité à « s’auto-apaiser » et à utiliser les différentes techniques de contrôle de soi pour diminuer la perturbation potentielle qui peut survenir pendant le traitement. Le praticien doit enseigner au patient ces techniques pendant la phase de préparation. La durée requise pour cette phase sera différente pour chaque client. Dans la majorité des cas, le traitement actif devrait commencer après une à trois séances.
Q : Combien de séances d'EMDR sont nécessaires ?
Le nombre de séances nécessaires dépend du problème et de l'histoire spécifique de chaque patient. Cependant, les études ont prouvé qu'un traumatisme simple peut être traité en moins de trois séances dans 80-90% des cas.
Même si chaque événement inquiétant n'a pas besoin d'être traité un à un, la durée de la thérapie dépendra de la complexité de l'histoire.
Dans une étude, 80% des victimes civiles de multiples traumatismes n'ont plus eu de PTSD après approximativement six heures de traitement (cinq à six séances d'une heure et demi). Une étude sur des anciens combattants ayant vécu des traumatismes de guerre a indiqué qu'après douze séances 77 % ne souffraient plus de leur syndrome de stress post-traumatique initial.
Normalement, une séance d'EMDR dure de 60 à 90 minutes. La longueur de la séance dépend d'un certain nombre de facteurs, tels que la nature et l'histoire du problème, le degré de traumatisme, les circonstances spécifiques du jour particulier et de la tolérance du patient pour les séances plus longues
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