HAS JUIN 2011, NEWS FIBROMYALGIE DE L'ADULTE
FOCUS – HAS Actualités & Pratiques – N° 30 – Juin 2011
Fibromyalgie de l’adulte : favoriser une prise en charge précoce et graduée
Anne-Françoise
Pauchet-Traversat
Chef de projet du service
des maladies chroniques et des dispositifs d’accompagnement des malades – HAS
Un rapport d’orientation de la HAS dresse un état des connaissances sur la fibromyalgie. Que sait-on aujourd’hui de ce syndrome ?
La fibromyalgie est de
description relativement récente. Elle touche une femme dans 8 à 9 cas sur 10. Près de 90 % des patients ont moins de 60 ans. Sa prévalence serait de 1,4 à 2,2 % dans la population générale. En
moyenne, les médecins généralistes voient moins de trois patients atteints de ce syndrome par an, les rhumatologues davantage.
" L’absence
de prise en charge scientifiquement validée et consensuelle du syndrome fibromyalgique ne doit pas conduire à laisser les patients sans réponse,
et les professionnels sans solutions à proposer "
Que
peut proposer le médecin traitant à ses patients atteints d’un probable syndrome fibromyalgique ?
Il
n’existe pas, à ce jour, de traitement spécifique, ni de prise en charge bien établie. Le rapport d’orientation de la HAS propose des pistes de prise en charge, à partir des recommandations
internationales existantes, d’enquêtes et de l’expérience de professionnels impliqués. Le médecin s’attache tout d’abord à reconnaître et à évaluer la souffrance, physique comme morale, du
patient. Il peut aussi rechercher une dépression associée, préexistante ou secondaire. Il peut apprécier le retentissement des symptômes sur la vie quotidienne du patient et lui proposer une
prise en charge graduée (voir infographie), en fonction des symptômes les plus gênants pour le patient : douleur, troubles du sommeil ou de l’humeur, etc. Il peut enfin informer le patient sur
les incertitudes qui entourent l’origine du syndrome fibromyalgique. Dans la plupart des cas, il est impossible de faire disparaître les symptômes, mais ceux-ci ne conduiront pas à l’invalidité
s’ils sont pris en charge de façon précoce et si des solutions sont proposées et évaluées avec le patient.
Quelles
solutions le médecin peut-il proposer à son patient ?
Le
maître mot de la prise en charge, c’est l’activité. Il faut promouvoir la reprise progressive ou la poursuite de l’activité physique chez ces patients, au plus près des recommandations pour la
population française : au moins une demi-heure d’activité physique, adaptée, chaque jour. Le patient doit faire selon ses moyens, mais faire quand même. En effet, le déconditionnement à l’effort
peut générer encore davantage de douleur.
Si le patient estime qu’il est trop difficile de se reconditionner seul à l’effort, on peut lui proposer des séances de balnéothérapie. Par ailleurs, les antalgiques peuvent être utiles.
L’analyse des prescriptions montre cependant que les médicaments qui sont utilisés dans la fibromyalgie ont souvent des effets secondaires assez importants. Il faut s’efforcer de bien peser la
balance bénéfice/risque avec le patient. Le médicament n’est pas forcément la première réponse à apporter. C’est au médecin généraliste d’en décider, selon les symptômes et leur retentissement
sur la vie quotidienne. Dernier point, quelle que soit la prise en charge proposée, il est nécessaire d’évaluer de façon régulière l’utilité de chaque traitement délivré, au regard de ses
bénéfices, de ses effets indésirables et de son coût
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